vendredi 20 novembre 2009

A qui profite le crime?

N'est-ce pas là, la première question que doit se poser un bon détective (ou journaliste) avant de commencer à faire travailler ses cellules grises ?
Jusque-là mon inquiétude s'était résumée à ce que risquait de provoquer un débordement de fanatiques pendant ou après le match Algérie-Egypte. C'est ce qui très souvent gâche la "beauté" du jeu, tout en étant un comportement malheureusement courant chez les fous de foot. Mais comme le match du Caire n'a pas été décisif, le buzz médiatique a continué en prenant cette fois-ci des proportions alarmantes. C'est ce qui a poussé certains, comme le chanteur Ahmed Mekki par exemple, à appeller au calme et à la raison.
Mais jusque-là et du côté algérien, les "pics" médiatiques n'étaient lancés que par quelques journaux (la télé et radio publiques n'ayant pas participé à ce délire), ou par des internautes pour la plupart anonymes à travers des vidéos ou des chansons très agressives c'est vrai. Sans parler d'un public sportif qui utilise tous les moyens pour déstabiliser l'équipe adverse. J'ignore si c'est toléré partout dans le monde, mais c'est en général ce qu'on voit à la veille de matchs importants en Algérie, et sans doute en Egypte aussi.
Mais en Egypte justement, l'existence de chaînes de télé "privées" a lui réussi à alimenter une psychose, une haine et une rage contre le public algérien qui se préparait à assister au match du Caire. L'équipe algérienne a d'ailleurs essuyé une attaque contre son bus dès sa descente sur le sol égyptien. Quant aux supporters algériens, ils auraient subi des agressions physiques après le match.
Jusque-là je ne rapporte que ce qui a été dit, puisque les informations officielles et sures ont manqué. Les vidéos d'amateurs ont remplacé l'information journalistique et la rumeur a gonflé. Il y aurait eu des morts algériens au Caire. Une information démentie officiellement en Algérie et en Egypte mais qui malgré tout, a causé des dégâts graves aux entreprises égyptiennes en Algérie.
Des évènements repris et grossis par une certaine presse et certaines télés privées en Egypte, qui ont continué à souffler sur les braises avant le match d'appui au Soudan.
Et voilà qu'hier pendant que l'Algérie célébrait officiellement la victoire, en Egypte, et sur l’une des chaînes (El Mehwar) les plus zen et les plus lucides jusque-là dans cette affaire, une véritable fronde politique se constitue contre l'Algérie.
Jusque-là, je voyais un Amr Adib (quelques bribes de vidéos sur le net) avec un certain amusement, vu que son show se nourrit de scandales en tous genres et de polémiques stériles. N'est-ce pas lui qui avait essuyé des insultes (en direct) de son équipe nationale parce qu'il avait rapporté des infos mensongères sur leur séjour en Afrique du sud? Mais ces derniers jours chez Amr Adib, on peut par exemple (en toute impunité et en direct) appeller carrément au meurtre de tous les algériens en Egypte !
Tout ça, parce qu'il semblerait selon les égyptiens (comme c'était le cas pour les algériens) puisque la rumeur là aussi a remplacé l'information et puisque les images amateurs font office de preuves. Il semblerait donc, selon des parlementaires et journalistes "sérieux", présents à un débat dans l'émission "48 heures" sur la chaîne El Mehwar, qu'au Soudan les égyptiens auraient subi les pires exactions. Des bus auraient été saccagés, des personnes attaquées au couteau et autres armes blanches (ou à feu), etc. Ce qui aurait poussé les autorités soudanaises, grâce à la contribution de Alaâ et Djamal Moubarak à faire fuir les égyptiens très vite vers l'aéroport et à les renvoyer chez eux dans les plus brefs délais pour assurer leur sécurité.
Alaâ Moubarak a dit exactement la même chose que les algériens revenus d'Egypte : "Louons Dieu de n'avoir pas gagné ce match".
Le public algérien présent à ce match au Soudan serait un groupe de mercenaires lancé contre les égyptiens par les autorités algériennes elles-mêmes. C'est ainsi que les journalistes et parlementaires présents à ce débat d'hier soir ont appelé très sérieusement à renvoyer l'ambassadeur algérien au Caire, et à couper toute relation avec l'Algérie. Au même moment devant l’ambassade d’Algérie au Caire une foule d’égyptiens s’est rassemblée pour exiger le renvoi de l’ambassadeur algérien, en scandant "Dehors ! Dehors ! ". Pourtant, la veille à peine, Ahmed Abou El Gheit, ministre égyptien des affaires étrangères, déclarait que tout allait bien entre l'Algérie et l'Egypte. Les égyptiens rentrés chez eux ne constituaient que 20% de la communauté totale travaillant en Algérie. Ils ont profité de "conditions particulières", comme le transport gratuit, pour passer les vacances de l’Aïd parmi les leurs, a-t-il déclaré.

Ignorant ces informations, les deux journalistes et animateurs du débat télévisé d'hier soir, ont préféré déclarer au début de l'émission leur solidarité avec Amr Adib et Ahmed Moussa (qui a appelé au meurtre des algériens), en ajoutant à la fin de l'émission qui a duré six (06) heures, au lieu d'une heure et demi habituellement. Ils ont déclaré donc comme une menace que l'Egypte possédait un appareil médiatique redoutable et que l’Algérie n’avait pas de chaîne satellitaire (c-a dire privée). Mais n’est-ce pas là justement l'aveu de culpabilité qui manquait?

Ils n'ont pas oublié de blâmer au passage Aljazeera et Alarabiya qui ont (selon ces deux personnages) tu ces "évènements" du Soudan pour des raisons qu’ils ignorent. Même si n’importe quel téléspectateur averti sait pertinemment que Alarabiya et Aljazeera ont deux lignes éditoriales diamétralement opposées.

Quant aux parlementaires et journalistes présents (Moustafa Bakri, Magdi Al Gallad, Mahmoud Maârouf et Karam Jabr), ils ont versé dans le mensonge, la haine et l'injure, en prenant comme exemple ces pourtant dits "mercenaires" envoyés au Soudan pour tomber dans les absurdes généralités de n'importe quel égyptien lambda (assis au café du coin) et déclarer que l'algérien est comme-ci ou l'algérien est comme ça. Je vous éviterai les détails indignes de supposés intellectuels qui devraient avoir suffisamment de connaissance et de recul pour pouvoir distinguer des supporters de foot d’un peuple tout entier.... des "mercenaires" de gens normaux.
Alors, à qui profite tout ce tapage autour de ce qui se serait passé au Soudan ? Les égyptiens qui travaillent à faire annuler le résultat de ce match ? Ou bien l’Algérie qui ticket en poche ne rêve plus que d’Afrique du sud ?

mardi 17 novembre 2009

Reveillez-vous !

C'est ce que dit la chanson de Ahmed Mekki qui appelle les supporters algériens et égyptiens au calme et à la raison. Je me suis précédemment inquiétée des sentiments de haine provoqués par des propos irresponsables de "supposés" journalistes. Ces derniers jours la rumeur va bon train. Presque aucun accès à une information sure et vérifiée. Et le net déborde de violence verbale, de vidéos de chansons haineuses et insultantes échangées entre algériens et égyptiens.
Ahmed Mekki sort du lot. La raison est que ce chanteur sait de quoi il parle : il est de père algérien et de mère égyptienne.



vendredi 13 novembre 2009

Psycauses

"Fusillade aux Etats-Unis !"
Ce genre de titres fait souvent la une des médias du monde, et plus particulièrement américains. Combien de fusillades chaque année à travers les Etats-Unis? Combien de victimes de "tueurs fous"? 11 000 morts (par arme à feu) sont chaque année recensés selon Michael Moore dans son film Bowling for Columbine. Un film documentaire consacré à ce "phénomène" américain, à travers une fusillade dans le lycée Columbine en 1999, où 12 lycéens avaient été tués par deux de leurs camarades.
Pourquoi de telles tueries ont-elles lieu surtout aux Etats-Unis ? Devant ce questionnement, la vente libre des armes est toujours la première cause avancée. Mais à chaque fois repoussée par les pressions du puissant lobby de vente d'armes aux USA.
Jeudi dernier lors d’une cérémonie de remise de diplômes sur la base de Fort Hood, la plus grande base militaire du monde, un soldat ouvre le feu, tue treize personnes et en blesse trente-huit autres. Après le choc, l'Amérique effrayée s'interroge : Pourquoi? Comment? Le profil du tueur? Les causes du drame?
Le soldat tueur, commandant "psychiatre" de l'armée américaine était chargé du suivi de soldats souffrant du syndrome de stress post-traumatique à leur retour d'Irak ou bien d'Afghanistan. Des éléments qui font réfléchir... Mais, dès que l'identité du soldat est révélée à la presse, les médias donnent vite à cette affaire des allures de "complot terroriste islamiste".
Nidal Malik Hassan est musulman d'origine palestinienne. Il serait alors l'auteur de la première attaque terroriste sur le sol américain depuis le 11 septembre 2001. Au pays de la diversité, de l'intégration et des libertés individuelles, sa "dévotion" est immédiatement pointée du doigt. Une vidéo du matin même de la fusillade est diffusée sur CNN . On y voit Nidal Hassan dans un magasin du quartier où il achète son journal (ou autres) chaque matin. "Il porte un "costume traditionnel" (sic) et a souvent demandé au vendeur (arabe) de l'accompagner à la mosquée pour la prière du vendredi". Une dévotion que le vendeur ne partage pas avec Nidal Hassan selon Tracy Sabo, journaliste de CNN.
Seulement, l'armée américaine elle, fait vite de calmer les esprits. Par crainte de représailles ou de réactions violentes contre les (3000) soldats musulmans, le Général Casey, Chef d'Etat-major de l'armée a dénoncé les rumeurs qui prêtent des motifs religieux au tireur. Le tueur aurait agit seul, étant sous pression à cause de son prochain déploiement en Afghanistan. Les premiers résultats de l'enquête toujours en cours privilégient la piste d'un impact "émotionnel" dû à son travail de psychiatre auprès des soldats revenus de missions en Irak et en Afghanistan et qui en reviennent parfois avec de sérieux troubles psychiques.
C'est que l'armée américaine sait, elle, combien le mal dont elle souffre est profond. Elle connait bien l'ampleur de ce malaise persistant dans ses rangs, et de ses conséquences directes : le suicide!
Le syndrome de stress post-traumatique est reconnu comme un fléau majeur dans les bases militaires américaines et se conjugue souvent à d'autres problèmes tels la dépression, l'alcoolisme et la toxicomanie. C'est ainsi que le nombre de suicides au sein de l'armée a augmenté depuis l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak passant de 67 en 2004 à 117 en 2009, dont 35% de soldats non encore déployés.
"Des milliers d’hommes et de femmes sont rentrés chez eux avec des blessures physiques et mentales, dont certaines ne se refermeront jamais ou ne feront que s’aggraver avec le temps. Lorsque reviennent les corps des défunts, on doit pouvoir assurer aux familles que leurs morts se sont sacrifiés à une cause digne de leur vie perdue, de l’amour disparu, et des rêves non réalisés". Matthew P. Hoh, ancien officier des Marines et représentant civil du gouvernement américain dans la province de Zabul a décidé de présenter sa démission après cinq (05) mois seulement passés en Afghanistan.
"Ma démission est fondée non pas sur la façon dont nous poursuivons cette guerre, mais sur son pourquoi et ses fins (...) Je crois que nous demandons à nos jeunes hommes et femmes engagés en Afghanistan de donner leur sang et de se sacrifier pour des raisons spécieuses. Menée honnêtement à son terme, la stratégie que nous revendiquons, et qui consiste à sécuriser l’Afghanistan pour empêcher la résurgence ou le regroupement d’Al-Qaïda, devrait nous contraindre également à envahir et occuper l’ouest du Pakistan, la Somalie, le Soudan, le Yémen, etc...". Mais l'Amérique en a-t-elle les moyens?
La présence américaine en Afghanistan est déjà en sérieuse difficulté, et la vitrine triomphaliste offerte par ses médias ne change rien à la réalité du terrain.
"Une défaite occidentale en Afghanistan, impensable il y a quelques années encore, devient aujourd’hui une hypothèse plausible. La "nouvelle" stratégie de l’administration Obama passe essentiellement par une augmentation des moyens et ne suffira pas à renverser les dynamiques actuelles. A l’inverse, la progression des talibans durant ces derniers mois montre à quel point, démentant les clichés qui décrivent une insurrection composée de groupes disparates, les Occidentaux sont confrontés à une organisation politique hiérarchisée, appliquant une stratégie cohérente". Gilles Dorronsoro, Professeur de sciences politiques à Paris I, explique sa vision dans un article intitulé "Vers une défaite occidentale en Afghanistan?".
La même défaite peut-être que celle déjà essuyée par les Russes sur le même terrain? Avec un goût amer dans la bouche et des troubles psychiques difficiles à surmonter. Dans une étude, Françoise Sironi, psychologue clinicienne s'est intéressée à la psychopathologie des vétérans des "guerres perdues", pendant sa participation à la mise en place d'un centre de réhabilitation des vétérans russes de la guerre d'Afghanistan entre 1996 et 98. C'est à dire près de dix ans après la fin de la guerre. Elle affirme qu'entrer et sortir de la guerre, cela ne va pas de soi et elle argumente : "Lorsque le passage d'un état à un autre, à savoir le passage du monde civil à la vie guerrière d'une part et le passage du retour du monde de la guerre à celui de la société civile d'autre part, n'est pas délibérément pensé et organisé, il peut en résulter une psychopathologie spécifique, capable de rejaillir sur la société civile entière. Les troubles psychologiques qui apparaissent au retour des guerres perdues ont toujours été considérés comme étant des conséquences de guerres. Or cette proposition n'est vraie qu'en partie. Il existe un type d'événement que les cliniciens n'ont pas mis en avant dans la psychopathologie des vétérans de guerres perdues : l'impact du passage non pensé et non organisé de la vie combattante à la vie civile. Enfin, le concept de "guerre perdue" mérite d'être détaché et considéré per sè par les cliniciens, d'une part parce qu'il entraîne un vécu et une souffrance psychologique spécifique parmi les anciens combattants, d'autre part parce que ce type d'expérience a un impact réel sur la vie collective au travers de la marginalisation et de la radicalisation d'un grand nombre d'entre eux qui s'engagent dans des combats politiques sous-marins, extrémistes".
Les américains qui ont combattu (par moudjahidines interposés) les russes en Afghanistan auraient certainement beaucoup de choses à apprendre de la bouche de ces vétérans d'une guerre perdue. Les russes aussi, selon Françoise Sironi, "considéraient cette guerre comme un devoir humanitaire. Tous les vétérans en parlent encore de la sorte. Ils disent avoir combattu pour secourir un peuple frère (le régime communiste de Kaboul), menacé de l'intérieur par des chefs de clans islamistes, armés et soutenus par les américains. Sous couvert de libérer l'Afghanistan du joug communiste, ces chefs de clan ne rêvaient que d'une seule chose : instaurer un régime islamiste à Kaboul (sic)".
Et malgré les traumatismes psychiques et les mutilations physiques, ces vétérans déclarent tous: "Je ne suis pas malade. Je ne suis pas fou. Avant l'Afghanistan tout allait bien. C'est la guerre qui m'a transformé".

samedi 7 novembre 2009

Prenez garde, un enfant a du feu qui nait d'entre ses doigts !

Vingt ans depuis la chute du mur de Berlin. Les palestiniens plus que concernés par cette célébration ont tenu à faire entendre leur voix. Dans le village de Ni'lin en Cisjordanie de jeunes palestiniens ont fait tomber un pan du mur de l'Apartheid. Le reste suivra incontestablement, c'est juste une question de temps...



Oumeima El Khalil nous avait déjà avertit : il y a un enfant qui écrit sur un mur et qui a du feu naissant d'entre ses doigts (L'enfant de l'Intifada).

Edit : Et voilà qu'hier lundi 9 novembre 2009, une nouvelle brèche est encore provoquée dans le mur.

mercredi 28 octobre 2009

La loi partiale

Hillary Clinton vient de nous gratifier du rapport annuel de son Département sur la liberté religieuse à travers le monde. Souvenez-vous de son rapport annuel sur les Droits de l'Homme à travers le monde. Et tout comme ce dernier, le rapport annuel du Département d'Etat américain sur la liberté religieuse concerne de très nombreux pays et territoires autres que les Etats-Unis. De bonnes et de mauvaises notes sont allégrement distribuées, les Etats-Unis étant les Maîtres...
Au cours de la présentation de son rapport, Hillary Clinton a déclaré que "les Etats-Unis tenteront toujours de contrer les stéréotypes (...) et se battront contre la discrimination et la persécution. Mais la liberté d'un individu de pratiquer sa religion ne doit pas avoir de conséquence sur la liberté d'expression des autres". En ajoutant que "la protection de la parole sur la religion est d'autant plus importante que les personnes de religion différente ont inévitablement des points de vue différents sur les questions religieuses. Ces différences doivent être abordées par la tolérance".
Des propos en totale contradiction avec ce qui est stipulé dans le Global Anti-Semitism Review Act une loi datant d'octobre 2004, adoptée par le Congrès et le Sénat américains pour recenser tous les actes "antisémites" à travers le monde. Une loi qui condamne la critique d'Israel et qui définit clairement l'antisémitisme comme synonyme d'anti-sionisme ou de sentiment anti-israélien. Une loi américaine appuyée en janvier 2006 par une résolution de la 61ème assemblée générale de l'ONU condamnant "sans réserve toute négation de l'Holocauste". Avec toujours cette même tendance à assimiler l'antisémitisme à l'anti-sionisme. Ban Ki Moon y était allé de sa complainte lui aussi : "Renier l’histoire sur un sujet aussi important que l’Holocauste n’est tout simplement pas acceptable, pas plus qu’il n’est acceptable d’appeler à l’élimination d’un État quel qu’il soit ou d’un peuple quel qu’il soit. Je voudrais que ce principe fondamental soit respecté tant dans la rhétorique que dans la pratique par tous les membres de la communauté internationale". Pourtant, les israéliens eux-mêmes n'hésitent pas à renier leurs principes quand le jeu de la politique l'impose.
C'est ce même jeu de la politique qui pousse Hillary Clinton à parler aujourd'hui de "liberté d'expression" et de "tolérance". Non pour renier ses principes, pas du tout. Mais plutôt pour répondre à l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) qui a tenté par le biais d'une résolution du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU (A/HRC/10/L.2/Rev.1) de "lutter contre la diffamation des religions". De la diffamation de l'Islam en particulier, injustement associé au terrorisme. Une résolution non contraignante -il faut le préciser- mais à laquelle viennent de répondre les Etats-Unis en association avec l'Egypte (!) par une autre résolution (A/HRC/12/L.14/Rev.1) favorisant la "liberté d'expression et d'opinion".
Vous me direz que les Etas-Unis sont ici en total accord avec leur politique. Ne sont-ils pas le pays de la démocratie et de la liberté d'expression par excellence?
Sur la page du rapport consacrée à l'Algérie (pour ce qui me concerne même si je suis sure que les autres pays "musulmans" y ont eu droit aussi) on peut lire que :"L'antisémitisme dans les publications ou les médias de l'Etat est rare, cependant quelques articles antisémites sont occasionnellement publiés dans la presse indépendante et en particulier dans les journaux de langue arabe à tendance islamiste". (sic)
Quant à Israel et les territoires occupés : le rapport élaboré (entre le 1er juillet 2008 et le 30 juin 2009) inscrit les actes de la résistance palestinienne dans le cadre "religieux".
Selon le rapport "des organisations terroristes, y compris le Hamas, le Djihad islamique palestinien, et les Brigades des martyrs d'Al Aqsa ont régulièrement effectué des attaques contre des citoyens israéliens (...) depuis la bande de Gaza. (...) Les terroristes diffusent souvent des discours antisémites en même temps que leurs attaques". (re-sic)
Les israéliens de leur côté et durant la même période n'ont pas bombardé la bande de Ghazza, n'ont tué personne, et surtout pas dans un cadre d'atteinte à la liberté religieuse. Certainement pas. Le rapport ne fait aucune allusion à l'agression israélienne contre la population "musulmane" (et chrétienne) de la bande de Ghazza. L'Etat qui appelle les palestiniens à le reconnaître en tant que "Juif", "respecte généralement la liberté religieuse dans les territoires occupés" selon le rapport de Clinton. Et il ne faut surtout pas prendre ce terme de "respecte généralement" à la légère. Il est bien expliqué en préface, et clairement précisé que cette terminologie est le "plus haut degré de respect de la liberté religieuse attribué dans ce rapport". Ben voyons! Et c'est le rapport Goldstone qu'on accuse de partialité?

vendredi 23 octobre 2009

Al Khalil ne s'habituera jamais!

Savez-vous que la ville d'Al Khalil (Hébron) est la plus ancienne ville non fortifiée continuellement habitée à travers le temps?
Savez-vous que la ville d'Al Khalil est la plus haute de Palestine? Installée au creux d'une vallée à plus de 1000m au dessus de la surface de la mer.
C'était là un petit côté de l'histoire et de la géographie d'une ville difficile à raconter à cause de l'injustice qu'elle subit aujourd'hui encore. Une injustice visible à l'œil nu et pourtant....
Tony Blair trouve tout à fait normal de passer par un portique de sécurité israélien pour entrer dans une mosquée. Le sourire aux lèvres, il est heureux. Et lorsque Ali Hassan Mohamed un jeune palestinien lui crie à la face qu'il n'est pas le bienvenu en Palestine, lui Tony Blair le "terroriste" répond qu'il a l'habitude...
Il faut dire que Tony Blair joueur de pipeau invétéré connaît bien la chanson. N'est-il pas le digne représentant du fameux Quartet? Le groupe composé justement et uniquement d'instruments à vent?



Tony Blair trouve normal que dans la ville palestinienne d'Al Khalil vivent dans une totale impunité, 600 colons israéliens au milieu de 170 000 palestiniens grâce à la force des armes de 2000 soldats israéliens. (Ces chiffres pouvant être revus à la baisse ou à la hausse mais le déséquilibre est déjà évident).
Tony Blair n'a rien dit au sujet du massacre de 29 palestiniens pendant la prière de l'aube au cœur de la mosquée d'Ibrahim le 25 février 1994 par un certain Baruch Goldstein. Un massacre exécuté par un israélien contre des palestiniens mais qui a été le prétexte à l'armée israélienne pour prendre définitivement pied dans la mosquée.

Il faut vivre dans Al Khalil pour comprendre tout le sens de l'Injustice des hommes dits de bonne volonté qui parlent de Paix. La réalité est qu'ils vendent du vent... à qui veut bien acheter.